Sarah Hauser, waterwoman engagée

27/06/2019 | Observateurs du monde

Après la Polynésie Française avec Mathilde Zampieri, cap aujourd’hui sur Hawaï à la rencontre de Sarah Hauser.

Windsurfeuse professionnelle et sportive accomplie, Sarah vit à Maui et concilie sa vie d’athlète avec ses engagements, à la fois pour la préservation de d’environnement avec le concept de #Trashyselfie♻️, mais également en oeuvrant à l’autonomisation des femmes à travers l’enjeu de l’accès à l’eau potable.

Rencontre inspirante et partage d’écogestes avec Sarah Hauser, l’une de nos observatrices du monde !

©Sarah Hauser

D’où vient ta passion pour le windsurf ?

Je suis née en Nouvelle Calédonie et j’ai la chance d’avoir des parents passionnés par l’océan qui m’ont appris très tôt à faire de la chasse sous-marine et de la planche à voile. A l’âge de 15 ans j’ai surfé ma première vague en windsurf et c’est la que je suis tombée complètement amoureuse de ce sport. La sensation d’avancer à la surface de l’eau en utilisant la puissance du vent et de la houle est juste incroyable !

Était-ce pour toi une évidence de faire carrière dans le milieu de la glisse ?

Pas vraiment. Au début c’était plutôt un rêve. Quand j’ai fini mes études d’ingénieure à 23 ans et que je me suis rendue compte à quel point ce rêve me hantait, j’ai décidé d’en faire un objectif. Il m’a fallu plus de 4 ans avant de parvenir à gagner ma vie grâce à mon sport. Avant, j’étais obligée de faire des petits boulots pour payer mes factures tout en m’entraînant et en participant aux compétitions. C’était beaucoup de sacrifices, mais ça a fini par payer !

©Sarah Hauser

Quels sont tes prochains objectifs sur 2019-2020 ?

Je veux continuer à progresser dans mon sport, que ce soit en compétition ou en free sailing dans les grosses vagues comme Jaws. Je suis aussi passionnée de fitness (je suis certifiée aux Etats-Unis en tant qu’entraîneuse) et j’aimerais d’ailleurs partager mes programmes à l’aide de vidéos. Et puis j’ai quelques projets philanthropiques que je veux continuer de développer sur les thématiques de l’environnement (#Trashyselfie♻️) et de l’autonomisation féminine (Women & Water).


Il y a quelques années maintenant, tu as choisi de poser tes valises à Hawaï. Pourquoi as-tu choisi cet archipel ?

Je suis venue à Maui pour la première fois il y a 6 ans pour participer à une compétition de windsurf. J’adore le mode de vie, les locaux, la culture hawaïenne et le fait qu’il y ait de très belles vagues presque toute l’année. C’est aussi une bonne base géographique pour mes déplacements ainsi que pour mes sponsors.

©Sarah Hauser

Hawaï parle de plus en plus de son engagement pour la protection de l’environnement marin. Le ressens-tu au quotidien et si oui, quelle forme cet engagement prend-il ?

Les îles d’Hawaï sont très touristiques (plusieurs millions de touristes y viennent chaque année), ce qui menace les écosystèmes naturels. La plupart des habitants sont attachés à la magie de ces écosystèmes. C’est pourquoi on voit des entreprises investir dans des pratiques durables (panneaux solaires, voitures électriques, ustensiles compostables ou recyclables). Les associations telles que Surfrider Foundation, Maui Huliau, The Community Compost Movement, Pacific Whale Foundation… aident à éduquer les populations et à faire passer des lois, comme celles interdisant de vendre des crèmes solaires non “Reef-friendly” ou d’utiliser le styrofoam (matière polystyrène) et les pailles en plastique.

Bien sur il y a encore du chemin à parcourir, mais il ne faut pas ignorer les progrès qui ont été faits et qui influenceront de fait les autres états des Etats-Unis.

Tu es à l’initiative du mouvement #Trashyselfie♻️. Peux-tu nous en dire un peu plus sur le concept ?

Mon amie Paige Alms (championne de surf, notamment Big Waves ) et moi-même avons lancé cette campagne sur les réseaux sociaux il y a un peu plus d’un an. Alors que plus d’un million de selfies sont postés chaque jour sur les réseaux sociaux, on a eut l’idée d’inciter les gens à penser à l’environnement lorsqu’ils s’apprêtent à prendre un selfie.

Un #Trashyselfie♻️ est donc un selfie avec un déchet que l’on ramasse sur la plage, en forêt ou tout simplement dans la rue et qu’on réutilise, recycle ou jette dans la poubelle adaptée. Les selfies les plus créatifs peuvent ainsi gagner des cadeaux eco-friendly.

Cela développe une communauté pleine d’ondes positives qui partage non seulement des “selfies environnementaux” mais aussi des conseils sur comment éviter la production de déchets, comme utiliser par exemple une gourde plutôt qu’une bouteille d’eau en plastique. Il y a encore beaucoup de personnes qui ne le font pas et qui ont besoin de l’entendre 50 fois pour finalement s’y mettre.

©Sarah Hauser

Perçois-tu aujourd’hui une sensibilisation plus forte du public pour la sauvegarde de l’océan ?

Oui, je pense qu’il y a une grosse prise de conscience. Entre les plages qui se couvrent de plastiques et les vidéos/photos à sensation sur les réseaux sociaux (la paille dans le nez d’une tortue, un oiseau qui nourrit ses petits avec du plastique…), c’est dur d’ignorer le problème. Mais l’étape la plus importante c’est la prise d’action des individus et des grands groupes.

Quels sont tes éco-gestes au quotidien ?

1- Avec moi j’ai toujours une gourde d’eau ou une tasse en aluminium. En plus d’éviter de boire dans du plastique, ça me permet de faire des économies dans les aéroports où il y a toujours des fontaines d’eau.
2- J’ai aussi un petit kit d’ustensiles réutilisables : cuillère, fourchette, couteau, baguettes chinoises et paille !
3- Quand je fais mes courses, j’utilise toujours les mêmes sacs (j’en laisse toujours un ou deux dans ma voiture au cas où) et j’ai même des petits sacs en coton pour les produits frais afin d’éviter les sacs en plastiques.
4- Quand c’est possible, j’achète des denrées en vrac dans mes sacs en cotons. J’ai ainsi pu faire des économies énormes sur le thé !
5- Côté salle de bain, j’utilise des brosses à dents en bambou plutôt qu’en plastique.
6- En cuisine, j’utilise des “Bee Wax Wrap” plutôt que du cellophane ou de l’aluminium.
7- Je mange végétalien au minimum une fois par jour (ce n’est pas toujours facile quand je voyage).
8 – Et pour finir, je favorise les produits locaux.

Une astuce à partager pour une vie zero déchet ?

Je ne suis malheureusement pas “zéro” déchet mais je suis “beaucoup moins de déchets” qu’avant ! Mon mantra c’est “progress over perfection” : je pense qu’il faut mieux favoriser le progrès à la perfection, mieux vaut des millions de personnes qui fassent les mêmes efforts de base que j’ai cité précédemment, plutôt que quelques centaines de personnes qui fassent du zéro déchet. Je pense qu’il est plus réalisable d’aller vers le zéro déchet progressivement. De petites actions régulières effectuées par beaucoup de personnes ont au final un grand impact !

Pour suivre Sarah Hauser et ne rien manquer de son actu c’est par ici :

Pour découvrir le projet Water & Women, vous pouvez cliquer là. Pour en savoir plus sur #Trashyselfie♻️ c’est par ici ou encore là :

1 Commentaire
  1. allain josiane

    bravo c est super et il faut beaucoup plus d endroits sur la planete pour faire les memes choses allez petite sarah courage il y a encore du boulot

    Réponse

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Sarah Hauser, waterwoman engagée

27/06/2019 | Observateurs du monde

Après la Polynésie Française avec Mathilde Zampieri, cap aujourd’hui sur Hawaï à la rencontre de Sarah Hauser. Windsurfeuse professionnelle et sportive accomplie, Sarah vit à Maui et concilie sa vie d’athlète avec ses engagements, à la fois pour la préservation de d’environnement avec le concept de #Trashyselfie♻️, mais également en oeuvrant à l’autonomisation des femmes à travers l’enjeu de l’accès à l’eau potable. Rencontre inspirante et partage d’écogestes avec l’une de nos observatrices du monde !

©Sarah Hauser

D’où vient ta passion pour le windsurf ?
Je suis née en Nouvelle Calédonie et j’ai la chance d’avoir des parents passionnés par l’océan qui m’ont appris très tôt à faire de la chasse sous-marine et de la planche à voile. A l’âge de 15 ans j’ai surfé ma première vague en windsurf et c’est la que je suis tombée complètement amoureuse de ce sport. La sensation d’avancer à la surface de l’eau en utilisant la puissance du vent et de la houle est juste incroyable !

Était-ce pour toi une évidence de faire carrière dans le milieu de la glisse ?
Pas vraiment. Au début c’était plutôt un rêve. Quand j’ai fini mes études d’ingénieure à 23 ans et que je me suis rendue compte à quel point ce rêve me hantait, j’ai décidé d’en faire un objectif. Il m’a fallu plus de 4 ans avant de parvenir à gagner ma vie grâce à mon sport. Avant, j’étais obligée de faire des petits boulots pour payer mes factures tout en m’entraînant et en participant aux compétitions. C’était beaucoup de sacrifices, mais ça a fini par payer ! 

©Sarah Hauser

Quels sont tes prochains objectifs sur 2019-2020 ?
Je veux continuer à progresser dans mon sport, que ce soit en compétition ou en free sailing dans les grosses vagues comme Jaws. Je suis aussi passionnée de fitness (je suis certifiée aux Etats-Unis en tant qu’entraîneuse) et j’aimerais d’ailleurs partager mes programmes à l’aide de vidéos. Et puis j’ai quelques projets philanthropiques que je veux continuer de développer sur les thématiques de l’environnement (#Trashyselfie♻️) et de l’autonomisation féminine (Women & Water).

Il y a quelques années maintenant, tu as choisi de poser tes valises à Hawaï. Pourquoi as-tu choisi cet archipel ?
Je suis venue à Maui pour la première fois il y a 6 ans pour participer à une compétition de windsurf. J’adore le mode de vie, les locaux, la culture hawaïenne et le fait qu’il y ait de très belles vagues presque toute l’année. C’est aussi une bonne base géographique pour mes déplacements ainsi que pour mes sponsors.

©Sarah Hauser

Hawaï parle de plus en plus de son engagement pour la protection de l’environnement marin. Le ressens-tu au quotidien et si oui, quelle forme cet engagement prend-il ?
Les îles d’Hawaï sont très touristiques (plusieurs millions de touristes y viennent chaque année), ce qui menace les écosystèmes naturels. La plupart des habitants sont attachés à la magie de ces écosystèmes.

C’est pourquoi on voit des entreprises investir dans des pratiques durables (panneaux solaires, voitures électriques, ustensiles compostables ou recyclables).

Les associations telles que Surfrider Foundation, Maui Huliau, The Community Compost Movement, Pacific Whale Foundation… aident à éduquer les populations et à faire passer des lois, comme celles interdisant de vendre des crèmes solaires non “Reef-friendly” ou d’utiliser le styrofoam (matière polystyrène) et les pailles en plastique.

Bien sur il y a encore du chemin à parcourir, mais il ne faut pas ignorer les progrès qui ont été faits et qui influenceront de fait les autres états des Etats-Unis.

Tu es à l’initiative du mouvement #Trashyselfie♻️. Peux-tu nous en dire un peu plus sur le concept ?
Mon amie Paige Alms (championne de surf, notamment Big Waves ) et moi-même, avons lancé cette campagne sur les réseaux sociaux il y a un peu plus d’un an. Alors que plus d’un million de selfies sont postés chaque jour sur les réseaux sociaux, on a eu l’idée d’inciter les gens à penser à l’environnement lorsqu’ils s’apprêtent à prendre un selfie.

Un #Trashyselfie♻️ est donc un selfie avec un déchet ramassé sur la plage, en forêt ou tout simplement dans la rue et qu’on réutilise, recycle ou jette dans la poubelle adaptée. Les selfies les plus créatifs peuvent ainsi gagner des cadeaux eco-friendly.

Cela développe une communauté pleine d’ondes positives qui partage non seulement des “selfies environnementaux” mais aussi des conseils sur comment éviter la production de déchets, comme utiliser par exemple une gourde plutôt qu’une bouteille d’eau en plastique. Il y a encore beaucoup de personnes qui ne le font pas et qui ont besoin de l’entendre 50 fois pour finalement s’y mettre.

©Sarah Hauser

Perçois-tu aujourd’hui une sensibilisation plus forte du public pour la sauvegarde de l’océan ?
Oui, je pense qu’il y a une grosse prise de conscience. Entre les plages qui se couvrent de plastiques et les vidéos/photos à sensation sur les réseaux sociaux (la paille dans le nez d’une tortue, un oiseau qui nourrit ses petits avec du plastique…), c’est dur d’ignorer le problème. Mais l’étape la plus importante c’est la prise d’action des individus et des grands groupes.

Quels sont tes éco-gestes au quotidien ?
1- Avec moi j’ai toujours une gourde d’eau ou une tasse en aluminium. En plus d’éviter de boire dans du plastique, ça me permet de faire des économies dans les aéroports où il y a toujours des fontaines d’eau.
2- J’ai aussi un petit kit d’ustensiles réutilisables : cuillère, fourchette, couteau, baguettes chinoises et paille !
3- Quand je fais mes courses, j’utilise toujours les mêmes sacs (j’en laisse toujours un ou deux dans ma voiture au cas où) et j’ai même des petits sacs en coton pour les produits frais afin d’éviter les sacs en plastiques.
4- Quand c’est possible, j’achète des denrées en vrac dans mes sacs en cotons. J’ai ainsi pu faire des économies énormes sur le thé !
5- Côté salle de bain, j’utilise des brosses à dents en bambou plutôt qu’en plastique.
6- En cuisine, j’utilise des “Bee Wax Wrap” plutôt que du cellophane ou de l’aluminium.
7- Je mange végétalien au minimum une fois par jour (ce n’est pas toujours facile quand je voyage).
8 – Et pour finir, je favorise les produits locaux.

Une astuce à partager pour une vie zero déchet ?
Je ne suis malheureusement pas “zéro” déchet mais je suis “beaucoup moins de déchets” qu’avant ! Mon mantra c’est “progress over perfection” : je pense qu’il faut mieux favoriser le progrès à la perfection, mieux vaut des millions de personnes qui fassent les mêmes efforts de base que j’ai cité précédemment, plutôt que quelques centaines de personnes qui fassent du zéro déchet. Je pense qu’il est plus réalisable d’aller vers le zéro déchet progressivement. De petites actions régulières effectuées par beaucoup de personnes ont au final un grand impact !

 

Pour suivre Sarah Hauser et ne rien manquer de son actu c’est par ici :

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Pour en savoir plus sur #Trashyselfie♻️ c’est par ici ou encore là :

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  1. allain josiane

    bravo c est super et il faut beaucoup plus d endroits sur la planete pour faire les memes choses allez petite sarah courage il y a encore du boulot

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