Rencontre avec Victorien Erussard, fondateur et Capitaine d’Energy Observer

09/04/2020 | Observateurs du monde

Il y a un mois, notre client Energy Observer, premier navire hydrogène autonome en énergie, est reparti sur les mers du globe pour une incroyable odyssée humaine et environnementale !

Juste avant le grand départ, Victorien Erussard, fondateur et capitaine, est revenu avec nous sur cette folle aventure qui, depuis le début, a pour but de montrer au plus grand nombre qu’il est possible de se déplacer autrement en coopérant intelligemment avec la nature.

Energy Observer Victorien Erussard

©Energy Observer Productions – Amélie Conty

Victorien, tu es le fondateur et capitaine d’Energy Observer, le premier navire à hydrogène qui parcourt le monde. Peux-tu nous en dire plus sur l’origine de cet incroyable projet ?

Ancien officier polyvalent de marine marchande, j’ai commandé différents types de navires. J’ai par la suite réalisé de nombreuses courses (Raid des Corsaires et de la Catagolfe, Transat Jacques Vabre, Québec-Saint-Malo, Route du Rhum) pendant 10 ans. 

C’est d’ailleurs lors de la Transat Jacques Vabre que j’ai eu un déclic. Je suis tombé en panne, à cause d’un problème d’alternateur, au milieu de l’Atlantique. J’ai regardé l’Océan, le soleil, le vent, autant de sources d’énergie que je ne pouvais exploiter et qui pourtant m’auraient permis d’avancer. Ça n’avait pas de sens.
 C’est ainsi que l’envie de servir une cause a finalement pris le pas sur le frisson de la compétition et qu’Energy Observer est né.

… autant de sources d’énergie que je ne pouvais exploiter et qui pourtant m’auraient permis d’avancer.

Quel message souhaites-tu porter à travers Energy Observer ?

Avec Energy Observer, le premier navire autonome en énergie, zéro émission, zéro particule fine et zéro bruit, nous expérimentons et validons depuis trois ans les énergies du futur en combinant trois sources d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrolien) et deux formes de stockage (batteries et hydrogène vert).

Nous démontrons au quotidien qu’une énergie entièrement décarbonée, décentralisée et digitalisée est devenue une réalité à la portée de tous, applicable à différentes échelles (sites isolés, quartiers, villes…). Ce que nous souhaitons donc à terme c’est de rendre ces technologies abordables au plus grand nombre pour répondre à l’urgence climatique.

 

Energy Observer Spitzberg

©Energy Observer Productions – Antoine Drancey

D’où vient ton intérêt pour les énergies renouvelables ?

La prise de conscience écologique date de mes débuts dans la marine marchande.
Je me souviens des discours alarmistes des climatologues embarqués sur nos croisières. Ils parlaient tous déjà du réchauffement climatique et je voyais ces gros paquebots qui naviguaient au fioul et qui rejetaient massivement du CO2 et particules fines pour balader des touristes. Quelque chose n’allait pas.

Puis il y a eu ce moment lors de la Transat Jacques Vabre, qui m’a convaincu qu’il était temps que je m’investisse dans la course à l’intelligence énergétique plutôt que dans celle aux trophées.
 

… il était temps que je m’investisse dans la course à l’intelligence énergétique plutôt que dans celle aux trophées

Quelles ont été les plus grandes difficultés auxquelles tu as pu faire face dans le développement du projet et comment les as-tu surmontées ?

Au début, personne ne croyait en ce défi qui semblait complètement fou. De plus, il y a quelques années, on ne parlait pas autant de l’hydrogène comme un vecteur énergétique fiable, véritable allié des énergies renouvelables. Mais avec de la persévérance et le soutien précieux de mes premiers partenaires visionnaires, le projet a pu naître puis grandir !
 
Aujourd’hui nous avons même rassemblé autour de nous et de ce beau projet, de nombreux grands acteurs tous engagés pour la transition énergétique et écologique.

 

Energy Observer victorien erussard capitaine et fondateur

©Energy Observer Productions – Amélie Conty

Penses-tu que la technologie d’Energy Observer puisse être transposée au transport maritime, au regard du fait que ce dernier représente 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ?

J’en suis convaincu. Notre navigation jusqu’au Spitzberg depuis la Russie en autonomie énergétique totale a d’ailleurs démontré que notre mix énergétique fonctionne dans des conditions extrêmes et constitue le futur non seulement du transport maritime, mais préfigure les nouveaux réseaux énergétiques développés à terre.

 

À ton sens, quel devrait être l’avenir de la mobilité dans le monde ? Et comment de nouvelles technologies peuvent elles se développer et être adoptées dans les pratiques quotidienne ?

Nos ressources ne sont pas illimitées. Nous ne pouvons pas continuer à consommer à outrance les énergies fossiles qui ont été emmagasinées depuis des millions d’années et dont la combustion est nocive pour notre santé et pour la planète.

Il faut au contraire coopérer avec la nature intelligemment comme on le fait avec notre bateau : on produit ce que l’on consomme, on va à la vitesse que les énergies renouvelables nous permettent d’atteindre !

Aujourd’hui, c’est le message que nous souhaitons véhiculer au plus grand nombre : il est possible de se déplacer autrement et c’est que nous avons démontré durant ces trois dernières années de navigation, nous conduisant même jusqu’en Arctique en autonomie énergétique totale. Elles nous ont permis d’avoir une expertise de pointe dans ces technologies que nous souhaitons désormais déployer à grande échelle, grâce à Energy Observer Developments.

 

Energy Observer premier navire hydrogene autonome

©Energy Observer Productions – Antoine Drancey

Energy Observer a déjà visité 25 pays à travers le monde. Quel bilan peux-tu tirer de cette première partie de l’aventure ?

Nous ne retenons que du positif  : nous avons rencontré de nombreux acteurs de la transition énergétique, et ce partout en Europe. Nous sommes partis à la rencontre de pionniers porteurs de solutions pour un monde meilleur en tant que premier ambassadeur français des Objectifs de développement durable. Mais surtout nous avons testé de nombreuses technologies qui démontrent aujourd’hui leur fiabilité. 

… nous avons testé de nombreuses technologies qui démontrent aujourd’hui leur fiabilité.

Ces diverses navigations et optimisations nous ont permis d’atteindre l’épicentre du changement climatique : le Spitzberg. Cette proximité avec ces glaciers, qui symbolisent les problématiques environnementales, est un souvenir absolument incroyable.

 

En 2020, quels sont les objectifs d’Energy Observer ? Et dans 5 ans ?

Cette année 2020, notre programme va se recentrer autour de la mer des Caraïbes pour des tournages sur les enjeux de protection de la biodiversité, pour conduire le navire jusqu’en Californie avec, si possible, des escales à San Francisco et Los Angeles, cités particulièrement actives dans l’innovation et la transition énergétique.  Le programme de cette Odyssée va se poursuivre jusqu’à la fin 2023. Par ailleurs, nous continuons à tourner des documentaires ainsi que notre web série Solutions à la rencontre de celles et ceux qui innovent pour un futur plus propre.

Nous avons également pour objectif sur un plus long terme de mettre au point de nouveaux systèmes énergétiques, via notre filiale Energy Observer Developments, pour les navires et le bâtiment.  

 

Tous les liens utiles :

Le site d’Energy Observer.

Les pages LinkedIn, Instagram, Twitter et Facebook.

Il y a un mois, notre client Energy Observer, premier navire hydrogène autonome en énergie, est reparti sur les mers du globe pour une incroyable odyssée humaine et environnementale !

Juste avant le grand départ, Victorien Erussard, fondateur et capitaine, est revenu avec nous sur cette folle aventure qui depuis le début a pour but de montrer au plus grand nombre qu’il est possible de se déplacer autrement en coopérant intelligemment avec la nature.

Victorien Erussard capitaine et fondateur d'Energy Observer

©Energy Observer Productions – Amélie Conty

Victorien, tu es le fondateur et capitaine d’Energy Observer, le premier navire à hydrogène qui parcourt le monde. Peux-tu nous en dire plus sur l’origine de cet incroyable projet ?

Ancien officier polyvalent de marine marchande, j’ai commandé différents types de navires. J’ai par la suite réalisé de nombreuses courses (Raid des Corsaires et de la Catagolfe, Transat Jacques Vabre, Québec-Saint-Malo, Route du Rhum) pendant 10 ans. 

C’est d’ailleurs lors de la Transat Jacques Vabre que j’ai eu un déclic. Je suis tombé en panne, à cause d’un problème d’alternateur, au milieu de l’Atlantique. J’ai regardé l’Océan, le soleil, le vent, autant de sources d’énergie que je ne pouvais exploiter et qui pourtant m’auraient permis d’avancer. Ça n’avait pas de sens.
 C’est ainsi que l’envie de servir une cause a finalement pris le pas sur le frisson de la compétition et qu’Energy Observer est né.
 

Quel message souhaites-tu porter à travers Energy Observer ?

Avec Energy Observer, le premier navire autonome en énergie, zéro émission, zéro particule fine et zéro bruit, nous expérimentons et validons depuis trois ans les énergies du futur en combinant trois sources d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrolien) et deux formes de stockage (batteries et hydrogène vert).

Nous démontrons au quotidien qu’une énergie entièrement décarbonée, décentralisée et digitalisée est devenue une réalité à la portée de tous, applicable à différentes échelles (sites isolés, quartiers, villes…). Ce que nous souhaitons donc à terme c’est rendre ces technologies abordables au plus grand nombre pour répondre à l’urgence climatique.

 

 

qwetch

©Energy Observer Productions – Antoine Drancey

D’où vient ton intérêt pour les énergies renouvelables ?

La prise de conscience écologique date de mes débuts dans la marine marchande.
Je me souviens des discours alarmistes des climatologues embarqués sur nos croisières. Ils parlaient tous déjà du réchauffement climatique et je voyais ces gros paquebots qui naviguaient au fioul, rejetant massivement du CO2 et particules fines pour balader des touristes. Quelque chose n’allait pas.

Puis il y a eu ce moment lors de la Transat Jacques Vabre, qui m’a convaincu qu’il était temps que je m’investisse dans la course à l’intelligence énergétique plutôt que dans celle aux trophées.

Quelles ont été les plus grandes difficultés auxquelles tu as pu faire face dans le développement du projet et comment les as-tu surmontées ?

Au début, personne ne croyait en ce défi qui semblait complétement fou. De plus, il y a quelques années, on ne parlait pas autant de l’hydrogène comme un vecteur énergétique fiable, véritable allié des énergies renouvelables. Mais avec de la persévérance et le soutien précieux de mes premiers partenaires visionnaires, le projet a pu naître puis grandir !
 

Aujourd’hui, nous avons même rassemblé autour de nous et de ce beau projet de nombreux grands acteurs tous engagés pour la transition énergétique et écologique.

 

qwetch

©Energy Observer Productions – Amélie Conty

Penses-tu que la technologie d’Energy Observer puisse être transposée au transport maritime, au regard du fait que ce dernier représente 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ?

J’en suis convaincu. Notre navigation jusqu’au Spitzberg depuis la Russie en autonomie énergétique totale a d’ailleurs démontré que notre mix énergétique fonctionne dans des conditions extrêmes et constitue le futur non seulement du transport maritime, mais préfigure les nouveaux réseaux énergétiques développés à terre.

 

À ton sens, quel devrait être l’avenir de la mobilité dans le monde ? Et comment de nouvelles technologies peuvent se développer et être adoptées dans les pratiques quotidienne ?

Nos ressources ne sont pas illimitées. Nous ne pouvons pas continuer à consommer à outrance les énergies fossiles qui ont été emmagasinées depuis des millions d’années et dont la combustion est nocive pour notre santé et pour la planète.

Il faut au contraire coopérer avec la nature intelligemment comme on le fait avec notre bateau : on produit ce que l’on consomme, on va à la vitesse que les énergies renouvelables nous permettent d’atteindre !

Aujourd’hui, c’est le message que nous souhaitons véhiculer au plus grand nombre : il est possible de se déplacer autrement et c’est que nous avons démontré durant ces trois dernières années de navigation, nous conduisant même jusqu’en Arctique en autonomie énergétique totale. Elles nous ont permis d’avoir une expertise de pointe dans ces technologies que nous souhaitons désormais déployer à grande échelle, grâce à Energy Observer Developments.

qwetch

©Energy Observer Productions – Antoine Drancey

Energy Observer a déjà visité 25 pays à travers le monde. Quel bilan peux-tu tirer de cette première partie de l’aventure ?

Nous ne retenons que du positif : nous avons rencontré de nombreux acteurs de la transition énergétique, et ce partout en Europe. Nous sommes partis à la rencontre de pionniers porteurs de solutions pour un monde meilleur en tant que premier ambassadeur français des Objectifs de développement durable. Mais surtout nous avons testé de nombreuses technologies qui démontrent aujourd’hui leur fiabilité.

Ces diverses navigations et optimisations nous ont permis d’atteindre l’épicentre du changement climatique : le Spitzberg. Cette proximité avec ces glaciers, qui symbolisent les problématiques du changement climatique, est un souvenir absolument incroyable.

 

 

En 2020, quels sont les objectifs d’Energy Observer ? Et dans 5 ans ?

Cette année 2020, notre programme va se recentrer autour de la mer des Caraïbes pour des tournages sur les enjeux de protection de la biodiversité, pour conduire le navire jusqu’en Californie avec, si possible, des escales à San Francisco et Los Angeles, cités particulièrement actives dans l’innovation et la transition énergétique.  Le programme de cette Odyssée va se poursuivre jusqu’à la fin 2023. Par ailleurs, nous continuons à tourner des documentaires ainsi que notre web série Solutions à la rencontre de celles et ceux qui innovent pour un futur plus propre.

Nous avons également pour objectif à plus long terme de mettre au point de nouveaux systèmes énergétiques, via notre filiale Energy Observer Developments, pour les navires et le bâtiment.  

 

Tous les liens utiles :

Le site d’Energy Observer.

Les pages LinkedIn, Instagram, Twitter et Facebook.